León Díaz Ronda du 3 octobre au 10 novembre 2015

Silence, on tourne... Moteur !

León Díaz Ronda le prolifique, tour à tour grave et malicieux, projette ses souvenirs interrompus et ses histoires de mal d'Espagne, écartelé entre tendresse et révolte.
Il couvre de brouillards étranges des scènes immobiles que chacun remet en mouvement pour tenter de les appréhender. Généreux et empathique, il n'impose aucune signification. Il laisse tout en suspens: les sujets isolés, les foules phobiques, les rencontres avec des vieilles femmes sorties d'un imaginaire digne de Goya, les cheminements obligatoires entre des murs oppressifs, des portes closes ou des portes ouvertes vers un savoir ou le néant.
Tout est léger et tout est lourd et bouleversant dans l'œuvre peinte de León Díaz Ronda qui offre des zooms immobiles sans aide à nos propres fantasmes et questionnements.
Les dernières œuvres de ce peintre, photographe, conteur et madrilène se sont encore épurées pour n'être essentiellement que poésie onirique.

Anne-Marie Jaumaud

Je suis né à Madrid en 1936, du côté des perdants de la guerre civile espagnole.
Mon enfance : un quartier à la frontière de la banlieue rouge madrilène.
Je dessinais beaucoup, comme tous les enfants. Peut-être un peu plus.
Mon adolescence : je rêvais d'étudier, mais on n'avait pas les moyens et il fallait gagner sa vie. Mon refuge: lire. De préférence de la poésie.
Après avoir fricoté avec l'écrit, le théâtre et même la musique, je me frotte essentiellement aux arts plastiques; depuis une bonne quarantaine d'années: dessin, peinture, gravure, photographie…
Dans ma première période de peinture, toiles et papiers ont absorbé pas mal des mes démons.
Par la suite, lentement, mon travail a glissé vers un univers plutôt poétique : quotidien ou féerique, abstrait ou figuratif, flou ou précis…avec, de plus en plus, la conscience de n'être que témoin, de moi-même et de ce que j'observe.
J'ai quitté l'Espagne en 1967 pour m'installer en France. J'ai habité dans quatre ou cinq villes différentes. Depuis cinq ans, je vis à Narbonne.

León Díaz Ronda


Des photos du vernissage

Le catalogue de l'exposition